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Le véritable risque de vol de cargaison pour la plupart des flottes

Demandez à la plupart des gestionnaires de flotte ce qu’ils imaginent lorsqu’on leur parle de vol de cargaison, et ils penseront probablement à un semi-remorque, une autoroute, voire à un réseau criminel organisé détournant une expédition. C’est un véritable problème pour les transporteurs de fret... mais pas pour une entreprise qui exploite des SUV, des pick-up et des véhicules de service pour ses représentants terrain et ses techniciens.
Andrew Beinke

Andrew Beinke

Vice-président des ventes et du marketing aux États-Unis chez EMKAY

Demandez à la plupart des gestionnaires de flotte ce qu’ils imaginent lorsqu’on leur parle de vol de cargaison, et ils penseront probablement à un semi-remorque, une autoroute, voire à un réseau criminel organisé détournant une expédition. C’est un véritable problème pour les transporteurs de fret... mais pas pour une entreprise qui exploite des SUV, des pick-up et des véhicules de service pour ses représentants terrain et ses techniciens.

Pour les flottes d’entreprise, le vol se présente différemment, et le plus souvent sous des formes faciles à ignorer parce qu’elles ne font pas les gros titres à l’échelle nationale. Un pot catalytique est scié sur un véhicule de service pendant la nuit. Une vitre est brisée et pour 15 000 dollars d’outils disparaissent de l’arrière d’un fourgon. Un SUV disparaît du parking d’un bureau satellite avant d’être retrouvé dépouillé trois États plus loin. Rien de tout cela ne ressemble aux affaires de fraude au fret qui dominent la presse spécialisée dans le transport routier. Pourtant, ces vols pèsent lourdement sur le budget d’une flotte, et souvent de manière répétée, car les voleurs ont tendance à revenir là où leur méthode a déjà fonctionné.

Le vol de pots catalytiques est de retour, et les véhicules de flotte sont des cibles privilégiées

Le vol de pots catalytiques a fortement diminué entre 2022 et 2024, à mesure que les prix du rhodium baissaient et que les forces de l’ordre renforçaient leur lutte contre les acheteurs de métaux de récupération. Ce répit n’a pas duré. Les données de Carfax montrent que plus de 137 000 pots catalytiques ont été volés à l’échelle nationale en 2025, tandis que le prix du rhodium est remonté à plusieurs milliers de dollars l’once, sous l’effet de déficits d’approvisionnement en Afrique du Sud et d’une adoption des véhicules électriques plus lente que prévu, qui maintient une forte demande pour ce métal. Là où les prix montent, les vols suivent.

Les véhicules de flotte figurent en haut de la liste des cibles pour une raison mécanique très simple : leur garde au sol. Les pick-up et les SUV sont suffisamment hauts pour qu’un voleur puisse se glisser dessous et découper un pot catalytique en quelques minutes sans utiliser de cric. Le Ford F-150 et le Ford Explorer figurent tous deux parmi les véhicules les plus fréquemment ciblés à l’échelle nationale, et toute flotte composée d’un mélange de pick-up et de SUV de taille moyenne présente exactement le profil recherché par les voleurs.

Les outils et les équipements disparaissent des véhicules de service

Parallèlement au problème des pots catalytiques, un autre phénomène plus discret se développe : le vol à l’intérieur même du véhicule. Les fourgons de service et les véhicules utilitaires transportent régulièrement pour plusieurs milliers de dollars d’outils, et le stationnement nocturne, que ce soit au domicile d’un conducteur, sur un chantier ou sur le parking d’une entreprise, offre aux voleurs une fenêtre d’opportunité prévisible. Le National Equipment Register estime que le vol d’outils et d’équipements de construction coûte au secteur entre 300 millions et 1 milliard de dollars par an aux États-Unis, avec des pertes moyennes par incident comprises entre 5 000 et 20 000 dollars lorsque l’on tient compte des outils, des dégâts causés au véhicule et de l’immobilisation pendant qu’un technicien attend du matériel de remplacement.

Le coût de l’immobilisation dépasse souvent celui des outils eux-mêmes. Un entrepreneur incapable de travailler pendant deux jours à la suite d’un vol d’outils d’une valeur de 3 500 dollars peut perdre plusieurs fois cette somme en heures facturables. Pour une flotte exploitant des dizaines de véhicules de service, une seule mauvaise semaine marquée par des effractions nocturnes peut engloutir une part importante du budget de maintenance d’un trimestre en réparations imprévues et en pertes de productivité.

Ce qui fonctionne : GPS, géorepérage et meilleure visibilité

La bonne nouvelle, c’est que le suivi des véhicules est devenu l’un des outils les plus efficaces contre ces deux problèmes, et que les arguments en sa faveur ne cessent de se renforcer. Le vol de véhicules complets a considérablement diminué grâce à la généralisation du suivi GPS et des dispositifs d’antidémarrage modernes.

Pour les flottes, cela se traduit par quelques pratiques concrètes. Le suivi GPS des véhicules de l’entreprise permet à un gestionnaire de flotte de connaître à tout moment l’emplacement de chaque actif, ce qui est particulièrement important dans les instants qui suivent un vol, lorsque les chances de récupération sont les plus élevées. Le géorepérage va encore plus loin : si un véhicule quitte son périmètre habituel en dehors des heures de travail, ou se déplace à un moment où il devrait être stationné, une alerte est immédiatement déclenchée au lieu de laisser le vol être découvert par surprise le lendemain matin.

Les caméras embarquées et la surveillance de l’habitacle apportent une couche supplémentaire que le GPS seul ne peut pas fournir. Un système de caméras qui enregistre le moment où une vitre est brisée ou une porte forcée fournit à la flotte à la fois une alerte immédiate et des preuves permettant d’accélérer le dépôt d’une plainte auprès de la police ainsi qu’une déclaration auprès de l’assurance. Rien de tout cela ne rend un véhicule impossible à voler. Cela réduit simplement le temps dont dispose un voleur pour agir, et des fenêtres d’action plus courtes poussent les voleurs opportunistes vers des cibles plus faciles.

Combiner les dispositifs de dissuasion physiques avec les données

L’élément qui relie tout cela, ce sont les données. Une plateforme de gestion de flotte qui relie la télématique, les dossiers de maintenance et les rapports d’incident peut indiquer à un gestionnaire quels parkings connaissent des effractions répétées, quels modèles de véhicules de la flotte sont les plus fréquemment ciblés et si un mode de stationnement particulier — par exemple laisser les véhicules au bureau pendant la nuit plutôt que de les ramener au domicile des conducteurs — est corrélé à un taux de vol plus élevé. Ce type de tendance reste invisible lorsque les données sont réparties entre trois systèmes distincts.

Élaborer un plan de prévention 2027 adapté à la réalité

Les gestionnaires de flotte qui réussissent à anticiper les vols ont tendance à faire trois choses particulièrement bien. Ils savent quels véhicules et quels parkings présentent le risque le plus élevé en se fondant sur les données réelles d’incidents. Ils combinent des dispositifs de dissuasion physiques avec une visibilité en temps réel afin de détecter un vol en cours. Enfin, ils considèrent également les systèmes de suivi et les caméras déjà installés pour des raisons de sécurité et d’efficacité comme de véritables outils de protection contre le vol, plutôt que d’exploiter une infrastructure de sécurité distincte et parallèle qui n’est jamais utilisée à son plein potentiel.